Eau, Hygiène, Assainissement

Contexte et justification

Le profil sanitaire au Bénin est caractérisé par un tableau de morbidité élevé et les maladies transmissibles constituent encore les principales causes de morbidité et de mortalité. Les maladies diarrhéiques constituent au Bénin la quatrième cause de morbidité parmi les enfants de moins de cinq ans et sa létalité est plus élevée parmi la tranche d’âge de 0 à 11 mois où elle est de 37% d’après les statistiques sanitaires de 2006.

Le taux moyen de desserte en eau potable en milieu rural et semi-urbain est estimé à 46,35% et à 51,78% en milieu urbain en fin 2007 (Revue du BPO, 2007). Cependant d’importantes disparités entre les régions sont enregistrées. Les zones périurbaines, les petites localités et dans une moindre mesure les zones semi-urbaines semblent ne pas avoir été suffisamment prises en compte par les programmes d’équipement. En matière d’assainissement, 66% de la population n’a pas accès à des services adéquats d’assainissement de base, et seulement 15% évacuent correctement leurs déchets. Actuellement, l’assainissement semble être réduit à la latrinisation. En 2007, le taux de couverture nationale en latrine familiale est estimé à 33,8% avec une déclinaison de 16,8% pour le milieu rural et 61,0% pour l’urbain. En effet, près de 5,2 millions n’ont pas de latrines du tout et font leurs besoins en plein air. La défécation en plein air coûte au Bénin plus de 75 millions $EU par an – pourtant l’élimination de cette pratique nécessiterait la construction et l’usage de moins de 1 million de latrines.

Perte de 21 millions $EU en temps d’accès chaque année:

Chaque personne pratiquant la défécation en plein air passe presque 2,5 jours par an à trouver un endroit isolé pour déféquer, ce qui conduit à de grandes pertes économiques. Ce coût pèse disproportionnellement sur les femmes qui sont pourvoyeuses de soins et qui peuvent passer plus de temps à s’occuper de jeunes enfants, des parents malades ou des personnes âgées. Ce coût peut probablement être sous-estimé d’autant que ceux qui n’ont pas de toilettes, particulièrement les femmes, seront aussi obligés de trouver un endroit privé pour uriner.

Perte de 79 millions $EU chaque année à cause de mort prématurée:

Environ 7.000 Béninois, notamment 4.300 enfants de moins de 5 ans, meurent chaque année de diarrhée : ces décès sont à presque 90% directement attribués à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène (WASH). En outre, le mauvais assainissement est un facteur contributif, de par son impact sur les taux de malnutrition, aux autres causes principales de mortalité infantile, notamment le paludisme, les maladies respiratoires graves et la rougeole.

Perte de 0,7 million $EU chaque année à cause des pertes de productivité pendant la maladie ou l’accès aux soins de santé:

Il s’agit ici du temps où l’on est absent du travail ou de l’école à cause de la diarrhée, du temps passé à se faire soigner au centre de santé ou à l’hôpital, et celui passé à s’occuper des enfants de moins de 5 ans souffrant de la diarrhée ou d’autres maladies attribuables à un mauvais assainissement.

3,1 millions $EU sont dépensés chaque année en soins de santé:

Directement, et indirectement par la malnutrition (et ses conséquences liées à d’autres maladies telles que les infections respiratoires et le paludisme), toutes les maladies diarrhéiques constituent la cause principale de morbidité. Les coûts associés à la recherche de soins de santé incluent la consultation, les médicaments, le transport et, dans certains cas, l’hospitalisation; ce qui est un fardeau sur les dépenses des ménages et du gouvernement.

Coûts des flambées épidémiques: La contamination de l’environnement par les selles est la cause profonde d’une moyenne annuelle de 475 cas de choléra affectant le Bénin.1 Le coût de l’intervention WASH est estimé à 0,3 million $EU chaque année.

Cependant, les implications économiques d’une flambée de choléra vont au-delà de la réaction du système de santé – il y a aussi des coûts liés à la perte de productivité et aux décès prématurés, détournant ainsi les dépenses pour d’autres articles essentiels et conduisant à des pertes en termes de commerce et de revenu provenant du tourisme.

Pour atteindre les OMD dans le sous-secteur Eau Potable, le Bénin doit réaliser un taux moyen de desserte en eau des populations urbaines de 75% et un taux moyen de desserte des populations rurales et semi urbaines de 67,3% à l’horizon 2015. En termes d’infrastructures pour le milieu rural et semi urbain, le pays devra s’équiper de 6.475 nouveaux FPM, 537 nouveaux ouvrages d’AEV et 287 nouveaux PEA. En milieu urbain, le nombre d’abonnés devra être accru de 22% soit environ 2,2 millions de personnes supplémentaires à desservir et réparties dans environ 193 mille ménages.

Dans le sous-secteur Assainissement, l’objectif est d’améliorer l’accès à l’assainissement de base en faisant passer le taux d’accès de 33,8% en 2007 à 68,9% en 2015.

Pour l’ensemble du secteur, il faudra investir environ 460,9 milliards de francs CFA soit 702 millions d’EUR sur la période 2007-2015. La fourniture d’eau en milieu rural et semi- urbain nécessite la mobilisation d’un montant total de 173,7 milliards francs CFA ; pour le milieu urbain et périurbain, il faudra mobiliser 178,1 milliards FCFA. Des investissements d’un montant de 109,1 milliards de FCFA environ (166 millions d’EUR) sont nécessaires pour atteindre d’ici 2015 les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans le sous-secteur de l’assainissement (ALE et DEGBEVI, 2007).

Objectifs du programme

L’eau potable et l’assainissement sont indispensables à la santé publique. Ils en constituent souvent la base, car lorsqu’on aura garanti à tout un chacun, quelles que soient ses conditions de vie, l’accès à l’eau potable et aux services adéquats d’assainissement et de meilleures conditions d’hygiène, la lutte contre les maladies transmissibles aura fait un bond énorme c’est pourquoi SOS CIVISME BENIN se propose de :

  • Mettre en place de structures institutionnelles durables et efficaces pour la gestion des services ;
  • Faire la promotion de programmes d’assainissement élaborés à partir de la demande exprimée par les communautés ;
  • Faciliter la participation des communautés au financement des ouvrages, à leur exploitation et à leur entretien;
  • Renforcer les compétences des entrepreneurs et des artisans locaux ;
  • Faire la promotion de technologies appropriées, correspondant aux capacités financières et de gestion de l’état, des municipalités et des bénéficiaires.

Pour ce faire nous basons nos interventions sur les approches suivantes:

  • Approche participative communautaire de marketing social de construction de latrines et d’éducation à l’hygiène et à l’assainissement sous la responsabilité conjointe du Service d’Hygiène et d’Assainissement de Base du département et de la commune;
  • Sensibilisation des ménages pour la construction de latrines choisies parmi un ensemble de technologies proposées, l’utilisation et l’entretien correct des latrines, l’évacuation des ordures ménagères et des eaux usées;
  • Promotion des latrines ventilées à double fosse pour les latrines institutionnelles (écoles – centres de santé) et les latrines publiques (marchés – gares routières);
  • Approche par la demande et construction de latrines institutionnelles ou publiques dans les localités ayant déjà un point d’eau moderne ou prise en compte par le Programme d’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement;
  • Formation en cascade des différents responsables chargés de la gestion de l’utilisation des latrines ou des personnes ayant en charge la promotion de l’hygiène et de l’assainissement: milieu scolaire, centres de santé et lieux publics;
  • Gestion des latrines des lieux publics confiée à une personne physique sur la base d’un contrat signé avec la commune; utilisation payante, le montant étant défini de commun accord avec l’autorité communale;
  • Responsabilisation de la commune pour le suivi de la promotion de l’hygiène au niveau des latrines des lieux publics.

Les groupes d’impacts

Nos groupes d’impacts sont constitués de femmes et d’enfants vivant en milieu rural et péri-urbain.