Sante de la reproduction des jeunes

Contexte et justification

La proportion importante des adolescents(es) et jeunes de la tranche d’âge de 10 à 24 ans, (33,03% de la population totale en 2010) au Bénin constitue une donne importante pour toutes les politiques et stratégies de développement. Actuellement, cette tranche de la population se trouve confrontée à d’importants problèmes de santé sexuelle et de la reproduction notamment la prolifération des IST/VIH-SIDA, l’utilisation de la contraception dans un contexte de rapports sexuels non protégés, la fréquence des grossesses non désirées et les complications des avortements provoqués, l’utilisation de sources non fiables d’informations en santé des adolescents et jeunes, le commerce sexuel du fait de la dégradation des mœurs et de la situation économique.

Une telle situation affecte dans une grande mesure les indicateurs nationaux en SRAJ (Santé de la Reproduction des Adolescents et des Jeunes) /VIH qui sont encore faibles eu égard aux moyens actuellement mis en œuvre. Ces indicateurs sont notamment :

– une prévalence contraceptive faible (2,9% pour les 15-19 ans contre 4,7% pour les 19-24 ans) par rapport à la moyenne nationale estimée à (6,2 %) en 2006,

– une précocité des rapports sexuels, avant l’âge de 15 ans (13,12 % des filles ont déjà eu des rapports sexuels contre 12,9 % des garçons selon l’EDSB),

– la prévalence des IST est élevée chez les adolescents et les jeunes. 50 % des nouveaux cas d’infection au VIH sont enregistrés chez les jeunes avec une incidence plus élevée chez les filles que chez les garçons (4 filles pour un garçon) dans la tranche de 20 à 24 ans.

Selon l’enquête de surveillance de deuxième génération des IST/VIH-SIDA, la prévalence des IST est deux fois plus élevée chez les jeunes en milieu urbain que chez les jeunes en milieu rural (2,3 % contre 0,3 %). Dans le monde scolaire, la même enquête a révélé que les jeunes universitaires sont les plus touchés (5,1 %) suivi des jeunes du premier cycle (1,7 %) et ceux du second cycle (1,6 %).

Les rapports sexuels des jeunes souvent occasionnels et non protégés engendrent entre autres conséquences les grossesses non désirées ; (93 %) des grossesses non désirées chez les adolescentes et jeunes à Cotonou aboutissent souvent à des avortements provoqués réalisés dans des conditions précaires.

Les adolescentes contribuent pour (21 %) à la fécondité totale c’est-à-dire qu’une grossesse sur cinq (05) est du fait d’une adolescente. Face à l’ampleur des problèmes de SRAJ, plusieurs initiatives se développent tant au niveau des structures publiques qu’au niveau des Organisations de la Société Civile (OSC). Malheureusement, ces initiatives ne sont pas suffisamment coordonnées pour induire les changements qualitatifs souhaités. De plus, l’implication des réseaux et associations de jeunes reste encore faible.

L’analyse situationnelle révèle des faiblesses, que sont :

– la faible appropriation du document de politiques, normes et standards des services de santé familiale par les prestataires,
– la faible appropriation des lois sur la SR aussi bien par les prestataires que par les populations et les jeunes eux-mêmes ;
– l’absence d’une coordination efficace et d’un système interne d’information et de gestion dans le domaine spécifique de la SRAJ ;
– l’absence de stratégie uniforme d’intégration de la SRAJ dans le paquet des services offerts par les prestataires au niveau périphérique ;
– l’absence d’un système efficace de motivation des agents méritants et d’un mécanisme de gestion axé sur le résultat ;
– la faiblesse des ressources mobilisées au profit de la SRAJ. (Moins d’1% selon la REDES 2008-2009) ;
– l’absence d’outils de suivi des interventions en SRAJ/PF/IST/VIH/SIDA ;
– la faible implication des organisations et réseaux de jeunes dans les stratégies de SRAJ/VIH.

Le but programmatique

Il s’inscrit dans la vision tel que énoncée dans la Stratégie Nationale Multisectorielle en SRAJ : « une société béninoise où toutes les adolescentes, tous les adolescents et jeunes de 10 à 24 ans jouissent de leurs droits, font leurs devoirs en matière de santé sexuelle et de la reproduction et bénéficient d’une bonne prise en charge en fonction de leurs besoins spécifiques « .

L’objectif principal est donc de « Contribuer à l’amélioration des conditions de vie des adolescents et jeunes au Bénin en vue de l’atteinte des OMD ».

Pour atteindre ces buts, SOS CIVISME BENIN souhaite contribuer à :

1- l’amélioration de l’environnement institutionnel, socio-culturel et politique de développement des activités de SRAJ/VIH/SIDA ;
2- l’amélioration du niveau de connaissance et les compétences des adolescent(e) et jeunes sur la SRAJ/IST/VIH/SIDA ;
3- l’amélioration de la disponibilité et l’accessibilité des services de SRAJ/VIH/SIDA de qualité en vue d’une utilisation accrue par les adolescentes, adolescents et jeunes.

Pour ce faire nous concentrons nos interventions sur ces axes prioritaires à savoir :

– Communication stratégique et mobilisation communautaire pour la promotion de la SRAJ/VIH/SIDA ;
– Accessibilité des adolescentes et jeunes aux services SRAJ/IST/VIH/SIDA de qualité ;
– Collaboration et Partenariat ;
– Implication et responsabilisation des jeunes dans la promotion de la SSR/VIH/SIDA ;
– Plaidoyer, lobbying puis mobilisation des ressources ;

Groupes d’impact

Les jeunes adolescents et les enfants surtout les filles vivant en milieu urbaine et rural.